Revenu en forme, Djibril Cissé reste sur deux gros ratés face à Paris et Toulouse. Une maladresse que l'attaquant marseillais ne veut pas excuser, conscient que ses objectifs passent par une vraie efficacité.
« Une occasion comme ça, ça me fait chier de la rater. » Dans la lignée de ses récents passages devant la presse à la Commanderie, Djibril Cissé avait une nouvelle fois décidé de laisser la langue de bois dans son casier en se présentant jeudi face aux journalistes marseillais. L'ambiance est certes moins pesante qu'il y a quelques semaines quand l'avenir du joueur à l'OM était encore incertain. Mais sans se mentir, l'attaquant phocéen n'a pas cherché à fuir ses responsabilités, notamment lors du match nul concédé par l'OM sur la pelouse du Stadium Municipal de Toulouse. « J'ai toujours été comme ça avec moi, s'est justifié l'international français. Surtout qu'on ne fait que match nul face aux Toulousains. Si on avait pris les trois points, je pourrais plus facilement me trouver des excuses. Mais là, non. Du coup, j'ai revu cette action une bonne vingtaine de fois pour essayer de comprendre. »
A vitesse réelle ou au ralenti, la scène se termine cependant toujours de la même manière. Une reprise à bout portant mal assurée et qui termine sa course dans les nuages toulousains. Une action en tout point similaire à un autre raté, au Vélodrome cette fois-ci, avec une énorme possibilité de marquer face au PSG gâchée par maladresse. « Est-ce que je suis vexé ? Oui, avoue Cissé en se remémorant ces deux loupés. Enervé ? Oui, aussi. » Et l'attaquant marseillais ne se trouve aucune circonstance atténuante. : « Une frappe de loin, on a peu de chances de marquer, explique l'ancien Auxerrois en faisant référence à son tir sur le poteau à Moscou. Mais l'autre (ndlr : l'occasion à Toulouse), ça m'a emmerdé. Je pense qu'un joueur de qualité normale l'aurait mise au fond. Et je ne dois pas manquer des occasions comme ça. Enfin, c'est ce que je pense. Je dois mettre le genou ou le ventre mais le ballon doit rentrer. »
Les Bleus en ligne de mire
Dans le contexte marseillais actuel, ces deux ratés de Cissé ont pourtant bien moins d'importance que la nouvelle blessure de Julien Rodriguez. Car dans le fond, tous les voyants sont actuellement au vert à la Commanderie. Six matchs sans défaite en championnat, un retour dans le peloton des postulants à la Ligue des Champions, une qualification pour les huitièmes de finale de la Coupe de l'UEFA. Mais l'exigence fait partie des qualités de l'attaquant marseillais. Et à plus forte raison quand l'Euro 2008 avec les Bleus trotte dans un coin de sa tête. « En faisant des trucs comme ça, je peux perdre de points pour l'équipe de France, avoue sobrement Cissé. La vérité, je ne la connais pas. Mais moi, dans ma tête, je me dis ça en effet. »
Du coup, la réception d'Auxerre samedi soir a pris encore un peu plus d'importance aux yeux de Cissé. Lui, ancien de la maison AJA, aura toutes les raisons de briller sur la pelouse du Vélodrome. « Ce serait bien d'engranger les buts, affirme celui qui s'était fixé un objectif de vingt réalisations en championnat (ndlr : neuf pour le moment). Pour bien finir la saison mais aussi pour aider mon équipe à prendre les trois points. Maintenant, ça s'annonce difficile. Auxerre a un beau jeu même si ce n'est pas une équipe qu'on cite en exemple actuellement. Mais ils sont là et sont emmerdants à l'extérieur. Il faudra faire attention. » Faire attention, ce sera également le message de Jean Fernandez à son gardien Rémy Riou. Car Djibril Cissé, animé par un fort sentiment de revanche, aura forcément les crocs samedi soir.